20 November, 2017

Franco vous tend le micro:au coeur des ateliers citoyens. Découvrez la nouvelle vidéo du député fédéral Franco Seminara ainsi que le rapport de la réunion!

Voilà deux mois que le président du Parti socialiste Monsieur Paul Magnette a lancé ce que l’on a appelé l’opération « citoyens engagés ». Une opération pour aller au cœur des gens, au cœur des citoyens. Plus de 120 thèmes ont été abordés. Il a été demandé à chaque mandataire, parlementaire, dans les USC et sections,  de prendre en charge un atelier.

C’est dans ce cadre que le député Franco Seminara a souhaité rencontrer des  indépendants de la région de Mons Borinage. Une dizaine d’indépendants se sont réunis dans les locaux de Harley Davidson à Cuesmes, pour discuter de leur secteur d’activité. Une rencontre enrichissante ayant permis de dégager leurs préoccupations et de savoir quel message ils avaient à faire passer au parti socialiste!

Retrouvez ci-dessous le rapport intégral de cette rencontre:

 

Rapport du  député Franco Seminara

Opération « citoyens engagés »
Thème :  les indépendants

 

1.  Introduction

a) Contexte de la réunion :

Ce lundi 10 juin, le député Franco Seminara organisait un atelier dans le cadre de la campagne  »citoyens engagés » du PS national. L’originalité de cette réunion réside dans le choix du thème : celui des indépendants. Un domaine d’activité souvent monopolisé par la tendance libérale mais qui, pour Monsieur Seminara, vaut également la peine d’être abordé par la branche socialiste.

Une dizaine d’indépendants ainsi qu’une « citoyenne engagée» ont répondu à l’appel. La rencontre a eu lieu au cœur de l’entreprise d’un des participants: dans le showroom de la concession « Harley Davidson » dans le zoning de Mons-Cuesmes.

Le député a ainsi pu écouter les idées et commentaires sans langues de bois sur la situation actuelle et à venir d’indépendants de la région de Mons-Borinage. De nombreuses réflexions ainsi que des propositions intéressantes en sont ressorties. Elles sont retranscrites dans le présent rapport (détaillé ci-dessous).

b) Ouverture au débat:

Afin de lancer le débat, le député a repris quelques questions proposées sur le site officiel de l’opération www.citoyensengages.be :

— -PME, commerces, indépendants : sont-ils suffisamment soutenus ?

—- Quels rapprochements envisager entre la sécurité sociale des indépendants et des salariés ?

—- Quelles mesures anti-crise pour soutenir les indépendants ?

—- Les banques sont-elles aujourd’hui un réel partenaire pour les indépendants?

c) Avancées du Gouvernement Elio Di Rupo :

Monsieur Seminara a ensuite repris quelques mesures récentes du Gouvernement de notre Premier Ministre Elio Di Rupo, en faveur des indépendants :

Une réforme très attendue des cotisations sociales

30 avril 2013 – Source : http://www.ucm.be/Actualites

C’est décidé : les indépendants paieront leurs cotisations sociales obligatoires, au taux de base de 22 %, en fonction de leurs revenus de l’année et non plus sur ceux, indexés, de l’année antépénultième (2010 pour 2013). Le gouvernement a obtenu l’accord de l’ensemble des associations représentatives des indépendants pour présenter cette réforme au gouvernement. Il ne devrait donc pas y avoir d’objection. Le seul suspense concerne la date d’entrée en vigueur. Les partisans du changement visent le 1er janvier 2014. Mais il y a des tièdes et des craintifs qui estiment qu’une réforme de cette ampleur ne pourra pas être implémentée avant 2015. On verra. L’UCM, en tout cas, poussera sur l’accélérateur.

Un calcul plus juste

02 mai 2013 | Indépendants – Source : http://www.ucm.be/Actualites              

Le gouvernement s’était engagé à mettre en œuvre la réforme du calcul des cotisations sociales. Engagement tenu. Révolution dans le ciel des indépendants : après plus d’une année de travail du comité de monitoring, le gouvernement  vient de présenter sa proposition pour un nouveau mode de calcul des cotisations sociales des travailleurs indépendants. Ce nouveau système devrait entrer en vigueur pour le début de l’année 2015. Au plus tard.

Grâce à ce nouveau système, les indépendants auront la possibilité d’augmenter ou de réduire immédiatement leurs cotisations sociales en fonction de l’évolution de leur capacité financière. « Depuis des années, l’UCM, forte des enquêtes menées auprès de ses affiliés, défend le principe du calcul des cotisations sociales sur les revenus de l’année en cours, réagit Christophe Wambersie, secrétaire général de l’UCM. C’est plus simple, plus logique, plus clair. » Et d’ajouter : « Les cotisations colleront désormais beaucoup mieux à l’évolution de la situation de chaque indépendant. »

2. Présentation des participants :

Le député a  introduit chaque intervenant et leur a laissé présenter leur secteur d’activité.

Nom

      Secteur d’activité

Monsieur Rossi Depalmo Restaurateur depuis 32 ans, emploie 10 personnes à quasi temps-plein. Détient le « Label du Terroir » de la Région wallonne.
Monsieur Miserere Massimo Manager de l’agence immobilière « Maximmo » franchisée de la marque « Century 21» depuis 20 ans. L’agence compte 10 salariés dans deux bureaux différents.
Monsieur Graci Salvatore Couple de gérants d’un magasin d’alimentation et également traiteurs.
Monsieur Jérome Mazzeo Gérant d’une société import-export de carrelages, depuis 10 ans et emploie 3 personnes.
Monsieur Filippo Sanna Managing Director de la société « Mielabelo » de consultance en  stratégies commerciales, informatiques et environnementales. Celle-ci existe depuis 2009 et emploie environ 30 personnes.
Monsieur Jan Martens Indépendant d’origine flamande, installé à Mons depuis 22 ans. Depuis 1991, il est consultant-partenaire auprès de la société « G-Consult & Service » spécialisée dans le coaching de carrière et le recrutement de professionnels de la vente et du management dans le monde ICT Belge.
Monsieur Nicolas Bevilacqua Administrateur-gérant de la société « Enzo S.A » d’une concession de motos Harley Davidson qui  emploie environ 10 employés. Indépendant depuis 55 ans.
Madame Valérie Waroquier Associée et actionnaire de Didier Bastin, directeur  de plusieurs maisons de repos depuis 1998 et qui emploie environ 150 personnes.
Monsieur José Bran Indépendant pensionné ayant exercé l’activité d’imprésario et de commerçant pendant des dizaines d’années. Egalement grand militant socialiste.
Madame Ramona Shelby Citoyenne engagée, universitaire de l’UMons qui s’intéresse à l’entreprenariat et envisage de se lancer éventuellement dans le secteur.

 

3. Revendications individuelles :

La parole a été donnée à chacun des indépendants présents afin qu’ils puissent exprimer leur commentaire personnel :

Rossi Depalmo, restaurateur : éliminer la concurrence déloyale européenne qui se développe de plus en plus et qui casse les marchés et les prix dans nos régions.

Massimo Miserere, gérant-agence immobilière : améliorer l’encadrement des petites et moyennes entreprises, le recrutement ainsi que la formation des jeunes car les former prend du temps et coûte de l’argent à l’entreprise dont le rôle premier n’est pas de les former à l’emploi.

Jan Mertens, consultant-recruteur en informatique :

- Travailler à la stabilité fiscale car en Belgique, les règles changent trop souvent, ce qui aboutit à un climat d’instabilité pour toutes les entreprises. (Par exemple, la réforme sur les voitures de société est sortie du jour au lendemain!)  L’instabilité perturbe les prévisions des entreprises qui établissent des plans pluriannuels (5 ans par exemple), et qui doivent alors revoir toutes leurs prévisions. Le changement récurrent provoque même parfois des ruptures de contrats pour les indépendants et donc une très grande perte d’argent.

- Aboutir à plus de simplification administrative car la complexité des règles en vigueur rend la gestion des entreprises difficile.

-Améliorer la mobilité (infrastructure routière, embouteillages, transports publics…). Selon lui, les problèmes de déplacement constituent un frein pour les entreprises en termes de perte de temps et donc d’argent !

- Améliorer la justice pour les indépendants dans les procédures judiciaires en ce qui concerne les litiges avec les clients.

Jérome Mazzeo, import-export en carrelages : payer moins de taxes et de charges sociales car les barèmes sont trop élevés pour les salariés de  plus de 50 ans qui veulent encore travailler. Par ailleurs, il faudrait disposer d’un incitant de la part du Gouvernement, sous forme d’un subside ou d’un crédit par exemple, afin d’assumer l’achat de matériel importé et de stimuler les importations- exportations.

Nicola Bevilacqua, gérant-concessionnaire : arriver à une Europe qui ne soit pas dominée par la finance et qu’elle veille à ne pas tuer les petites entreprises qui sont une richesse pour la Nation. Sur le plan de la formation, propose de s’inspirer du modèle américain afin d’ajuster le système belge ; en permettant aux travailleurs d’être mieux opérationnels à l’emploi.

José Bran; indépendant pensionné: augmenter la pension des indépendants retraités qui se situent souvent à la limite de la pauvreté en Belgique et qui, in fine, ont davantage recours aux CPAS que les salariés retraités.

Valérie Warocquier ; représentante de Didier Bastin, directeur de maison de repos : pousser le Gouvernement à valoriser la richesse que représentent les PME en Belgique. Il faudrait que l’Etat ne les écrase pas de contrôles ou de procédures administratives  mais les aide plutôt pour qu’elles continuent à pourvoir de l’emploi au niveau local.

Filippo Sanna, consultant en stratégies d’entreprises: simplifier le taux d’imposition des sociétés en faisant un impôt uniformisé à 25% plutôt qu’à 33%. Avec le gain récolté de l’imposition plus faible, obliger les entreprises à le réinvestir dans l’emploi, la formation ou en capital logistique pour les entreprises. Par ailleurs, rendre les contrats de travail plus flexibles en permettant aux entreprises de recruter des salariés plus rapidement en fonction des besoins et de la conjoncture économique qui évolue vite de nos jours. Enfin, mieux promotionner le savoir-faire des indépendants et des PME. Par exemple, en sensibilisant le public à la culture commerciale et au développement du businessing respectueux de la société et de l’environnement.

Rapport général:

La  réunion citoyenne a débouché sur les thématiques et propositions suivantes:

*L’image des PME :

Les participants ont d’abord abordé l’idée selon laquelle les PME sont le premier employeur de Belgique et la force vive de leur région (Mons-Borinage). En ce sens, ils aimeraient que leur statut soit davantage valorisé et qu’ils soient vus comme des hommes et des femmes d’initiative et fournisseurs d’emploi.

¡ La formation à l’emploi :

La formation et la qualification ont été pointées du doigt par de nombreux indépendants. Souvent, ils insistent sur le fait qu’il est très difficile de recruter des personnes rentables immédiatement et aptes au terrain dès qu’ils sont engagés.

Cela s’explique notamment par des carences en termes de savoir-faire, au sortir de l’école. Surtout au niveau universitaire où les connaissances sont beaucoup trop généralistes et pas assez professionnalisantes.

Un exemple : la société « Harley Davidson » a créé sa propre école de mécaniciens qui, au sortir de celle-ci, sont parfaitement formés et maîtrisent toutes les techniques pour travailler d’emblée dans l’entreprise!

Les intervenants proposent d’ailleurs d’organiser davantage de ponts entre l’université et le monde du travail en vue de multiplier les stages et les  prestations en entreprise!

Notre gouvernement mais aussi l’Europe doivent encourager et améliorer le financement, la formation et le recrutement des jeunes diplômés.

Les charges sociales :

Les charges salariales élevées et la concurrence déloyale qui en découlent ont été un problème majeur soulevé lors de la réunion. La Belgique a été décrite comme le pays le plus cher en termes de charges sociales, ce qui n’est pas le cas d’employés ou d’ouvriers en provenance des pays de l’Europe de l’est. Sans harmonisation européenne à ce sujet, nos indépendants et entreprises souffrent de la concurrence.

Aujourd’hui, une des principales craintes des indépendants se résume dans cette question : dois-je engager plus afin de permettre à ma société de se développer, alors que je n’ai pas les moyens financiers de le faire et que les coûts salariaux ne cessent de croître?

L’imposition sur la TVA :

Une proposition serait que la TVA soit taxée à « la source pas à la mer » afin qu’elle puisse être mieux récupérée ! L’idée serait donc de la payer à l’avance. Par exemple sur les pièces mécaniques en matière automobile (exemple : imaginons qu’elle soit imposée 30% au sortir de l’usine, le revendeur lui, ne paierait que 10%. Quant au client, il ne serait pas perdant mais paierait beaucoup moins cher la marchandise achetée au final !)

L’accompagnement des indépendants :

Les participants ont soulevé l’idée selon laquelle ils souhaiteraient disposer d’un accompagnement. Une sorte de « coaching », un suivi avec des conseillers pour améliorer leur situation. Plutôt que d’être sans contrôlés et sanctionnés par l’Etat.

De plus, cela créerait de l’emploi tant au niveau de la fonction de coachs, qu’au  niveau des employeurs indépendants qui engageraient des nouveaux salariés grâce au développement et à la progression de leur société.

Quand à l’Etat, lui aussi gagnerait de l’argent dans la mesure où il en récupérerait via une diminution du chômage résultant de la croissance des entreprises!

En conclusion, à l’heure actuelle l’Etat se trouve beaucoup trop dans la répression plutôt que dans l’accompagnement !

Les indépendants souhaiteraient que l’on promotionne davantage le monde de l’entreprenariat que celui de la finance.