29 June, 2017

Franco Seminara intervient en Séance Plénière pour une proposition de résolution sur l’observance thérapeutique.

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Hier, en Séance plénière, le député Franco Seminara est intervenu au sujet d’une Proposition de résolution relative à l’amélioration de l’observance thérapeutique des patients afin d’exprimer la position de son groupe PS.

Découvrez ici son intervention en intégralité:

http://www.youtube.com/watch?v=YjrIYwTdM6g

 »Monsieur le Président,

Madame la Ministre,

Chers collègues,

La notion d’observance thérapeutique est donc la capacité d’un patient à respecter les conseils qui lui ont été donnés en matière de santé, notamment en ce qui concerne les prescriptions médicales.

Si l’adhésion du patient à son traitement thérapeutique est évidemment un élément déterminant pour sa guérison, sa non adhésion peut avoir de graves conséquences pour sa santé notamment en provoquant l’aggravation de la pathologie.

En sus de son objectif sanitaire – œuvrer à une meilleure observance thérapeutique, cette proposition de résolution a  une finalité économique de réduction de coûts pour le système de santé. En effet, l’inobservance thérapeutique peut avoir des conséquences non négligeables  pour la collectivité: risques épidémiologiques, émergence de résistances aux médicaments, dépenses supplémentaires via la prise de nouveaux médicaments, via la prescription d’examens auxiliaires voire la nécessité d’hospitaliser le patient alors que cela aurait pu être évité.

Pour le groupe PS, il est donc primordial de s’interroger en premier lieu sur les raisons qui conduisent le patient à ne pas respecter ses prescriptions : ne les comprend-il pas ? Les traitements prescrits lui font-ils peur ? L’impact de ces traitements sur sa qualité de vie est-il trop important ? Les effets secondaires sont-ils difficilement supportables ? L’accessibilité financière de ces traitements pose-t-elle problème ? Une multitude de raisons peuvent amener le patient, inconsciemment parfois, à renoncer à ses traitements. Aussi, il nous semble essentiel d’explorer de manière approfondie les raisons de cette inobservance.

La proposition de résolution, telle qu’amendée, devrait permettre une telle réflexion. Elle doit impliquer tous les acteurs et en premier lieu les patients via leurs associations, via les mutuelles, via l’observatoire des maladies chroniques. C’est effectivement avec le concours des patients que des programmes d’éducation thérapeutique pourront se développer et que l’on parviendra à accroître leurs capacités à se prendre en charge.

Les prestataires de soins qu’ils soient médecins, pharmaciens, infirmiers doivent évidemment également participer à cette réflexion car il est de leur responsabilité de parvenir à l’adhésion de leurs patients aux traitements prescrits. Il ne suffit pas d’annoncer la maladie, de dicter ou de dispenser un traitement pour que le patient le suive aveuglement. Un dialogue doit s’établir. Le prescripteur doit donc vérifier que l’information médicale transmise est bien comprise, il doit  définir avec son patient les objectifs thérapeutiques qu’il entend atteindre, il doit négocier le traitement en évaluant l’impact que celui-ci peut avoir sur la vie quotidienne de son patient … Ceci demande du temps, c’est évident mais aussi une formation spécifique qu’il convient de dispenser aux prestataires de soins.

Par ailleurs, quel que soit le cas de figure, notre groupe tient à rappeler qu’il ne peut être possible de sanctionner financièrement une personne qui renonce, consciemment ou non, à son traitement thérapeutique. La non acceptation d’un traitement se transforme d’ailleurs quasi immédiatement pour le patient par une sanction thérapeutique, la double peine n’est pas acceptable en la matière et n’aura comme seul résultat que l’aggravation des problèmes de santé de la personne concernée.

Les réponses à apporter à l’inobservance thérapeutique sont certainement aussi complexes et multiples que les raisons de cette inobservance, il n’existe pas de mesure miracle. Aussi, la volonté exprimée par ce texte de mettre tous les acteurs compétents autour de la table nous agrée totalement. C’est uniquement en  réunissant patients, prescripteurs et dispensateurs de soins que des avancées pourront se faire.

Pour le groupe PS, cette proposition de résolution peut constituer le fondement d’une politique, qu’il faut nationale, d’éducation thérapeutique du patient dans laquelle tous les acteurs des soins de santé seraient impliqués. Nous soutiendrons donc ce texte et serons attentifs à son impact sur le terrain.

Je vous remercie ».