17 November, 2017

Franco Seminara, parrain d’honneur du 1er salon de l’emploi pour les personnes handicapées en Belgique !

SALON FR

Ce jeudi 4 octobre, le député Franco Seminara assistait, en tant que parrain d’honneur au premier salon de l’emploi dédié aux personnes handicapées à Morlanwelz. Une première en Belgique et ayant lieu dans notre région !

De nombreux participants ont répondu à l’appel des organisateurs et des partenaires pour partager ensemble une réflexion dynamique autour de l’insertion professionnelle des personnes en situation d’handicap.

En fin de journée, l’enthousiasme des exposants témoignait de l’issue positive du salon : avec 42 stands d’informations visités et de nombreux adhérents venant de toute la Wallonie !

L’occasion de démontrer que si le secteur public progresse, le privé est aussi capable de s’ouvrir à ce type d’initiatives et participer à l’intégration des personnes moins valides sur le marché de l’emploi.

Ci-dessous, un article relatif au salon H-emploi du jeudi 4 octobre dans Sud Presse: http://archives.sudpresse.be/morlanwelz-premiere-en-belgique-handicape-et-aussi…_t-20121005-H43ZY0.html?queryand=handicap*&firstHit=0&sort=datedesc&by=20&when=-1&pos=0&all=0&nav=0

 

Voici le discours prononcé par Monsieur le député lors du salon :

 »Monsieur le Ministre des Pouvoirs locaux,

Monsieur le Secrétaire d’Etat à la personne handicapée,

Monsieur le Bourgmestre,

Monsieur l’Echevin,

A l’ensemble du Collège et Conseil, à tous les partenaires de cette manifestation

Mesdames, Messieurs,

En vos titres et qualités, je suis ému de me retrouver ici et je vous remercie pour votre présence (nombreuse) !

Olivier, toi qui es Monsieur « Handicontact » pour la commune de Morlanwelz, voilà plus d’un an, tu me demandais que je puisse t’aider et t’accompagner en tant que Parrain d’honneur de ce Salon de l’Emploi dédicacé aux personnes handicapées…C’est avec enthousiasme que j’ai accepté de te suivre dans ton magnifique projet

Chapeau Monsieur le Bourgmestre,  Chapeau Monsieur l’Echevin pour votre formidable initiative !

Aujourd’hui, alors que les pouvoirs publics peinent à respecter les 3% de personnes handicapées au sein de leur personnel, je suis persuadé, comme le font nos voisins Français, que le secteur privé, vous, chefs d’entreprise, avez un rôle fondamental à jouer ! Oui, très sincèrement, car sans la contrainte, vous plus que quiconque, comprenez que l’engagement de personnes handicapées représente une véritable plus-value pour votre entreprise. Nous, personnes handicapés, sommes des acteurs de la société de consommation, notre famille représente plus d’un million de personne dans notre pays

Je tiens, très sincèrement, à vous féliciter pour votre participation.

Chers amis, je voudrais partager avec vous une petite réflexion que j’ai couchée sur papier :

Je souhaite vous parler d’une terre inconnue pour la grande majorité d’entre vous.

Il ne s’agit pas de vastes continents ou de contrées éloignées. Il s’agit encore moins de « racine », ce mot que je finis par trouver détestable tant il induit « le racisme ».

Je préfère parler d’ « origine » . De ce qui rend chaque être « original ».

A l’origine donc, dans notre seule Communauté, plus d’un million d’individus, naissent, deviennent ou deviendront, « des personnes handicapées ».

Certains, dont moi, contractent en pleine croissance, un virus, handicapant et pour longtemps.

D’autres naissent « différents ». Certains le deviennent après des accidents de la vie. Mais après-tout, qu’importe l’origine du handicap ?

Quand il est là, il faut, comme au judo, accompagner le mouvement. « Faire avec » , comme on dit. Mais faire quoi ? Et le faire comment ?

Je suis parfaitement conscient, dans la position où je suis, que mon cas est exemplatif de l’individu qui refuse LA fatalité. Et quand on fait le compte, le savez-vous, la population des personnes handicapées, est la population où l’on se suicide le moins ?

Et pourtant, avez-vous imaginé – si vous êtes valide – ce que représente le quotidien d’une personne handicapée ? Depuis le lever jusqu’au coucher, une dépendance des membres ? Je me souviens d’une phrase du poète namurois, Henri Michaux : « Carcasse, où est ta place ici ? Gêneuse, pisseuse… »

C’est terrible non, d’imaginer une dépendance quotidienne ?

Et le quotidien, c’est tous les jours.

Loin de moi l’envie de plaider pour une forme de compassion.

La compassion, c’est « pâtir avec ». Il n’est pas question de dolorisme dans mon propos. Il est question, au contraire, de vivre et de respecter à part égale, celle ou celui, dont le corps (et quelquefois l’esprit,) renoncent. Mais à quoi ? A la  compétition ? A la performance ?

Mon souhait, mon objectif, est de rendre, humains parmi les humains, celles et ceux que le handicap physique rend différents

Jusqu’ici, dans ma petite sphère d’influence, j’ai agi comme j’ai pu. En imaginant, par exemple, des concerts au profit de nobles causes. Tel « Handicap international », cet organisme qui se bat contre cette guerre des lâches et les mines anti-personnel.

Mais pour d’autres, ce sont des sportifs moins valides, qui ne renoncent pas, comme nos athlètes qui viennent encore de le prouver aux Jeux Paralympiques.

Ce sont aussi des danseurs qui s’expriment, même en chaise. Car tout est là : même si le quotidien est, en soi, une épreuve, j’aime et j’admire, celles et ceux qui ne renoncent pas à le vivre et non pas le subir.

Parce que le quotidien c’est chaque jour, je veux que la majorité des personnes handicapées puissent vivre à la hauteur de leurs ambitions et de leurs besoins, souvent, en intégrant simplement le monde du travail.

Les personnes handicapées ne sont pas les sous-produits d’une culture. Surtout quand elle est de consommation. Ce sont des êtres humains à part entière. Je revendique en leur nom une visibilité, une présence dans leur sphère personnelle et dans celle du travail.

Avec la même obstination, je veux rétablir le droit de vie (mais pas seulement), je veux le droit à l’existence, pour les personnes handicapées.
Le  droit aux soins, cela va de soi.
Le droit au travail, il faut mieux le réaliser encore. Aller au-delà des 3 % des personnes handicapées qui ont un emploi.

Je veux, pour eux aussi, le même droit de présence à la Culture, avec des accès pour tous.

Le droit à l’être, au bien-être, avec s’il le faut ,des aménagements et des encadrements pour ne pas isoler une fois de plus la personne handicapée.

En somme, une politique offensive. C’est un mot guerrier, je sais bien. Mais il faut faire la guerre aux discriminations, à l’uniformisation.

 

Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est pour cela, pour briser les murs, construire des ponts solides pour permettre aux personnes handicapées de passer par-dessus les obstacles.

Chefs d’entreprise, de PME, responsables d’institutions publiques, acteurs du monde syndical, politique et associatif, tous, nous avons notre rôle à jouer dans cette belle expérience qui s’ouvre aujourd’hui.

S’unir pour rebondir, voilà ce que ce Salon vous propose !

 

Merci  »