26 June, 2017

Assemblée Générale de l’«European Polio Union», intervention du Député chaisard Franco Seminara

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Dans la vie, il est des hommes et des femmes qui n’acceptent pas la fatalité. Je pense, tout comme bon nombre de personnes, que c’est également mon cas. Par expérience et par tempérament, j’associe les autres à mon combat de tous les jours.

La performance des personnes handicapées est quotidienne, du lever au coucher. Depuis un escalier trop haut jusqu’au siège trop bas.

Tout est toujours gymnastique de l’esprit : estimation, adaptation, évaluation. Ce sont des qualités premières dans un monde qui n’est pas encore adapté aux personnes moins valides.

Dépendantes d’une chaise, d’un bras secourable, d’une canne…Et pourtant, tout atteste d’une volonté d’être des individus à part entière, des individus citoyens qui participent à la vie sociale, économique, culturelle et politique de notre région, de notre pays, de notre continent européen.

Pour ma part, je mesure le privilège d’être un représentant au sein de la Chambre des Représentants de Belgique, mais surtout d’être un porte-parole démocratique, d’avancer tout en étant à l’écoute des citoyens et des associations, dont je suis modestement originaire car ils sont les témoins en première ligne de l’évolution de notre Société.

De par mon parcours de vie, mes combats, ma mission actuelle, je ne peux que soutenir «l’European Polio Union», Association qui encourage la sensibilisation des personnes souffrant de la polio auprès du grand public. Je remercie tout particulièrement Monsieur Johan Bijttebier, Président de l’European Polio Union et de Post-polio Belgique car, même si je ne suis pas présent aujourd’hui à vos côtés, sa voix est aujourd’hui la mienne.

Aujourd’hui, les personnes victimes d’une paralysie temporaire ou définitive représentent 10% de la population mondiale. La Belgique n’échappe pas à la règle puisque ce taux s’applique également à notre pays.

A l’heure actuelle, près de 700.000 personnes en Europe souffrent des conséquences de l’épidémie de polio qui a touché notre continent lors du siècle dernier. On évalue à 10.000 le nombre de personnes en Belgique qui sont atteintes par les symptômes de cette maladie.

Durant les années 80, une multitude de questions se sont posées au sein de cette population car les signes liés à la post-polio tels que la fatigue, la douleur et la paralysie musculaire sont devenus réalité.

Une réunion de travail a été organisée dans les locaux de la Chambre en compagnie des 3 représentants des Associations de personnes souffrant de syndromes post-polio des trois Régions de notre pays a mis en lumière les défis spécifiques liés à la fois à la poliomyélite et tout se qui touche de près ou de loin la paralysie partielle ou complète.

L’union de trois associations représentant chacune de nos communautés représente plus qu’un symbole, c’’est un exemple de synergie vers lequel tous les acteurs de notre pays (politiques, institutionnels, économiques, culturels, sportifs, etc.) doivent essayer de tendre aujourd’hui et demain, cela vaut également à l’échelon européen.

Cette première réunion nous a permis de dresser un état des lieux des lois en vigueur dans notre pays et dans nos différents régions concernant les personnes à mobilité réduite, tout en élargissant le plus possible le champ « Handicap ».

Un long travail reste à faire sur le plan législatif. La reconnaissance des PMR, tant au niveau financier qu’à celui de la dignité, est l’objectif principal à atteindre par un travail serein au quotidien parmi nos instances. A noter que dans cette réunion, les trois régions étaient représentées par notre combat n’a aucunes frontières, pas même linguistiques !

La Belgique a ratifié en décembre 2009 la convention relative aux droits des personnes handicapées. La convention part du principe de l’inclusion de personnes handicapées dans tous les domaines de la vie sociale et je ne peux que m’en réjouir.

La Convention se veut un instrument des Droits de l’Homme comportant une dimension sociale explicite. Ce traité est un élément important dans l’ensemble des conventions des Nations Unies qui tendent à rendre la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme plus concrète et qui mettent également en place des mécanismes pour contrôler son application effective.

Elle réaffirme que toutes les personnes en situation de handicap doivent bénéficier de tous les droits et libertés fondamentaux.

En guise de conclusion, Il y a une phrase de Julos Beaucarne qui me hante, elle dit tout ce que je ressens :

« Je voudrais réinventer l’homme total, celui qui est à sa place, qui est à la bonne place, et qui ne perd pas sa place, partout, tout le temps, parce que tout un chacun, et tout le monde, est à la bonne place, au bon moment dans le soleil ».

Je me réjouis qu’il existe des rencontres telles qu’aujourdhui où des interactions sont possibles afin de mesurer ô combien notre travail n’a pas de frontières car nous sommes tous membres de la famille humaine.

A tous et à toutes, bon travail!

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