20 August, 2017

Facebook, créateur d’emplois? Franco Seminara interpelle la Ministre de l’Emploi

FACEBOOK

Janvier 2012, un rapport du bureau Deloitte estime que les réseaux sociaux, notamment Facebook, sont de véritables acteurs économiques et de nouveaux créateurs d’emplois à travers le monde. Cependant, dans ce rapport, aucun chiffre n’était disponible sur la création d’emplois dans notre pays. Le Député Franco Seminara a donc interpellé Madame la Ministre de l’Emploi Monica De Coninck à ce sujet :

Madame la Ministre :

Avez-vous eu connaissance de ce rapport? 2. Disposez-vous d’informations relatives à l’impact économique de « Facebook » dans notre pays? 3. Si oui, peut-on évaluer les retombées en matière de créations d’emploi en Belgique? 4. a) D’une manière générale, assiste-t-on à une culture d’entreprise des nouvelles technologies de l’information chez nous? b) Peut-on évaluer la part des entreprises qui opèrent dans ce secteur?

Voici la réponse reçue de Madame la Ministre :

J’informe l’honorable membre que j’ai bien reçu l’étude de Deloitte intitulée « Measuring Facebook’s economic impact in Europe ». Je me permets cependant de formuler quelques remarques à propos de celle-ci. – L’étude a été effectuée par Deloitte à la demande de Facebook et sur base de données fournies en grande partie par Facebook lui-même. – L’étude a été réalisée dans un très court laps de temps. Le contrat entre Deloitte et Facebook a en effet été conclu le 22 novembre 2011. – L’entreprise Deloitte reconnaît elle-même que ni l’exactitude ni le bien-fondé des données chiffrées ne sont garantis. (Elle l’exprime littéralement dans un « Avis Important » (Important Notice): « Deloitte has neither sought to corroborate this information nor to view its overall reasonableness. »). Dans ce même avis important, elle invite d’ailleurs à ne tirer aucune autre conclusion de ce rapport. Avec cette étude, Facebook souhaite mettre en avant son importance économique. Il agit vraisemblablement en réaction aux critiques qui le qualifient, lui et d’autres médias sociaux, d’entraves économiques. Ces études appellent d’ailleurs à leur tour les remarques nécessaires. La plus-value des médias sociaux pour les entreprises dépend de la manière dont elles vont les intégrer dans leur stratégie. De plus en plus d’entreprises (et aussi de services publics) développent une stratégie liée à l’utilisation des médias sociaux. En résumé, Facebook et les autres réseaux sociaux possèdent bien un potentiel économique mais leur mise à profit dépend de la manière dont les entreprises vont les intégrer dans leur stratégie. Bien qu’il compte le plus grand nombre de comptes en Belgique (+ 4.500.000), il convient de ne pas réduire les médias sociaux au seul site Facebook. Linkedin, par exemple, a dépassé le cap du million de comptes et sa croissance annuelle est plus rapide que celle de Facebook. Pour comparer l’utilisation des médias sociaux en Belgique à celle des pays voisins, je me base sur les chiffres d’Eurostat qui a publié les résultats d’une enquête à ce sujet. Ces chiffres portent sur l’année 2010. Il en ressort que l’utilisation des médias sociaux par internaute en Belgique est légèrement inférieure à la moyenne européenne. Une autre constatation intéressante est que l’utilisation des médias sociaux est fortement liée à l’âge. En 2010, 70 % des internautes âgés de 16 à 24 ans ont utilisé des médias sociaux. Ce chiffre diminue à 35 % et 19 % pour les internautes âgés de 25 à 54 ans et de 55 à 74 ans.

Dans la quatrième partie de sa question, l’honorable membre aborde un thème important, à savoir l’importance économique du secteur de l’ICT. Le nombre d’entreprises spécifiquement actives dans le secteur de l’ICT s’élevait en 2009 à presque 15.000 entreprises. Ensemble, elles emploient plus de 65.000 personnes.Le dernier Rapport sur la compétitivité européenne analyse notamment l’importance des « knowledge intensive business services », aussi appelés KIBS. Les KIBS comprennent les secteurs « services informatiques et connexes, recherche et développement et autres activités de services ».

Les performances économiques des KIBS sont des indicateurs intéressants de la culture dans le domaine de l’innovation et de l’ICT. Ce rapport fournit une série de statistiques prometteuses concernant les KIBS belges. Si l’on compare la part des KIBS dans l’économie à celle des autres États membres, la Belgique décroche la 4e place. Plus intéressant encore: si l’on calcule quelle part les KIBS représentent dans la croissance économique du pays, la Belgique se hisse à la deuxième place, derrière le Royaume-Uni. Selon le rapport, les KIBS ont contribué à la croissance économique belge à hauteur de 26 % pour la période 1995-2007. Outre l’importance considérable du secteur en tant que tel, je tiens également compte des effets indirects du secteur de l’ICT, et par extension de tout le secteur des services aux entreprises, sur la compétitivité de nos entreprises. Cela fait plusieurs années déjà que l’importance du secteur des services aux entreprises est reconnue, et ce même au niveau européen.

Toutefois, nous n’avons encore trouvé à ce jour aucune méthode concluante permettant de surveiller le secteur attentivement et d’élaborer une politique optimale en la matière.

La Commission européenne en est bien consciente et créera cette année un High Level Group qui sera consacré à la compétitivité du secteur des services aux entreprises. Au niveau national, le Comité de direction de mon département, le SPF Economie, a été proactif et a approuvé un projet qui devrait aboutir cet été à l’élaboration d’une méthodologie devant permettre une surveillance correcte du secteur des services aux entreprises.