17 December, 2017

La lutte contre les maladies cardio-vasculaires – Question de Franco Seminara

santé

Question orale du Député Franco Seminara à la Vice-première, Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Mme Laurette Onkelinx, sur l’étude européenne EURIKA relative aux maladies cardio-vasculaires.

Les maladies cardio-vasculaires sont un fléau très répandu parmi la population. Nous avons tous dans notre entourage des personnes souffrant ou ayant été victimes de problèmes cardio-vasculaires. On sait à quel point une bonne évaluation des facteurs de risques et une prise en charge rapide sont indispensables pour contrer ces maladies qui restent toujours une cause importante de décès, a rappelé le Député Franco Seminara.

Pour la première fois, une étude européenne a été menée sur des personnes ne souffrant pas de maladie cardio-vasculaire, mais présentant au moins un des facteurs de risque. Plus de 800 médecins, en collaboration avec le comité scientifique de l’EURIKA, ont été consultés. Ils ont notamment conclu que les facteurs de risque sont encore mal contrôlés, expliquant pourquoi les maladies cardio-vasculaires perdurent.

L’étude européenne EURIKA montre ainsi qu’un meilleur dépistage et une meilleure prise en charge des facteurs de risques classiques des maladies cardio-vasculaires (hypertension, diabète, hypercholestérolémie, obésité) permettraient d’éviter un grand nombre de décès d’origine coronaire en Europe.

L’enquête met en avant certaines barrières qui limitent l’utilisation, par les médecins, des outils disponibles permettant l’évaluation des risques cardiovasculaires. Ainsi, on y apprend que 30 % des médecins n’utilisent pas du tout d’outils d’évaluation des risques pour diverses raisons : manque de temps, peu d’utilité de ces outils ou encore incapacité à les utiliser.

Fort heureusement, la Belgique est aujourd’hui à la pointe de la prise en charge des maladies cardio-vasculaires et un modèle pour les autre pays européens dans le dépistage des facteurs de risque. A cet égard, je tiens à saluer, Mme la Ministre, les efforts que vous déployez à cette fin.

Dans ce cadre, le Député fédéral Franco Seminara désirait connaître quels enseignements tirait la Ministre des conclusions de l’enquête EURIKA et de quelles façons les médecins pourraient être encore davantage conscientisés de leurs responsabilités dans l’évaluation des risques ?

« La lutte contre les maladies cardiovasculaires est sans aucun doute un des principaux défis du XXIe Siècle en matière de Santé »

Pour la Ministre, l’étude EURIKA que le Député Franco Seminara évoque a été menée par des personnes ne souffrant pas de maladies cardio-vasculaires, mais présentant au moins un des facteurs de risque, à savoir l’hypertension, le diabète, l’hypercholestérolémie ou encore l’obésité.

Comme indiqué par le Député Franco Seminara dans son interpellation, plus de 800 médecins ont été consultés. L’enquête semble montrer que les facteurs de risque sont encore mal contrôlés et que certaines barrières limitent l’utilisation, par les médecins, des outils disponibles qui permettent l’évaluation de ces risques. On y apprend que 30% d’entre eux n’utilisent pas d’outils d’évaluation des risques. Les raisons sont diverses, 59,8% déplorent le manque de temps, 21,7% estiment que ces outils n’ont que peu d’utilité, 19,7% disent ne pas savoir les utiliser. 13 % ne suivent pas les directives sur la gestion des facteurs de risque.

La Belgique est au niveau européen à la pointe de la prise en charge des maladies cardiovasculaire et concerne à la fois la prévention primaire et secondaire. Le risque est évalué grâce à une échelle nommée « score » intégrant l’âge, le sexe, le taux de cholestérol, la tension artérielle et le statut tabagique du patient. Les dossiers médicaux informatisés intègrent aujourd’hui ces échelles.

Le médecin généraliste joue dans ce domaine un rôle central que nous avons essayé de renforcer ces dernières années. La Ministre de la Santé publique a cité deux exemples :

D’une part, dans le cadre d’un plan cancer, j’ai souhaité instaurer une consultation préventive annuelle gratuite élargie bien entendu à la prévention de l’ensemble des facteurs de risque cardiovasculaire. C’est ainsi que prochainement verra le jour le dossier médical « plus » qui intègrera un module de prévention élaboré par le conseil national de promotion de la qualité. Il permettra entre autre un suivi régulier des facteurs de risque chez les patients de 45 à 75 ans.

D’autre part, la Ministre a mis en place il y a une année les trajets de soins pour les diabétiques de type 2 qui permettent une meilleure prise en charge globale du diabète grâce à une collaboration optimale des diverses lignes de soins et par une plus grande participation du patient dans la prise en charge de sa propre maladie. L’instauration parallèlement des réseaux locaux multidisciplinaires facilitera ce double objectif.

Ces deux initiatives ont été développées en collaboration avec l’INAMI et les acteurs de la Commission médico-mut.

Sans oublier les campagnes grand public, comme celles organisées par la ligue cardiologique belge, et la diffusion régulière dans le milieu médical des recommandations de bonnes pratiques élaborées par les sociétés scientifiques.

Pour la Ministre de la Santé publique, il faudra sans aucun doute renforcer ces mesures et développer d’autres actions préventives à l’avenir pour maintenir la qualité de la prise en charge des risques cardiovasculaires dans notre pays.